Dans la province de Chefchaouen, on ne comprend pas une tribu sans ses montagnes. Les sommets ne sont pas que des altitudes sur une carte : ce sont des limites naturelles entre territoires, des pâturages et des repères dont les habitants parlent quand ils évoquent leur terre. Une question simple aide donc à comprendre toute la région : quel est le plus haut sommet de chaque tribu ?
Le classement ci-dessous s'appuie sur les cartes topographiques au 1/25 000 et au 1/50 000, et sur les cartes communales qui montrent les limites entre tribus. Les altitudes sont approximatives et peuvent varier de quelques mètres d'une source à l'autre.
Le classement, du plus haut au plus bas
| Tribu | Plus haut sommet | Altitude (m) |
|---|---|---|
| Beni Zejel | Jbel Lakraa partagé | 2159 |
| Akhmas | Jbel Lakraa partagé | 2159 |
| Beni Khaled | Jbel Tizirane | 2106 |
| Beni Selmane | Jbel Talousis partagé | 2005 |
| Bni Rzine | Jbel Ketam | 1781 |
| Beni Mansour | Jbel Taqlabt partagé | 1726 |
| Ghzaoua | Jbel Bab el Qarn partagé | 1722 |
| Mtioua | Jbel Chouamat | 1585 |
| Beni Smih | Jbel Tassift | 1441 |
| Beni Kerrir | Jbel Lalla Mekka | 1270 |
| Beni Bouzra | Jbel Dar Maimoun | 1235 |
| Beni Ziat | Jbel Beni Baroun | 1207 |
| Beni Ahmed | Jbel Zaouiat Sidi Youssef | 913 |
D'après les cartes topographiques au 1/25 000 et au 1/50 000 et les cartes communales qui montrent les limites entre tribus. Altitudes approximatives.
Le lecteur remarquera qu'il y a treize tribus pour douze sommets. La raison : le Jbel Lakraa est le plus haut sommet de deux tribus à la fois, les Beni Zejel et les Akhmas. Son sommet est une limite naturelle entre les deux territoires : un versant est rattaché à l'une, l'autre versant à l'autre.
Les sommets au-dessus de 2000 mètres
Seules trois tribus ont un plus haut sommet qui atteint ou dépasse 2000 mètres. En tête, le Jbel Lakraa, vers 2159 mètres, plus haut sommet du Rif occidental et du parc national de Talassemtane. Puis le Jbel Tizirane, vers 2106 mètres, plus haut sommet des Beni Khaled. Puis le Jbel Talousis, vers 2005 mètres, chez les Beni Selmane, lui aussi partagé entre deux territoires.
Précision utile : le Jbel Tissouka, vers 2122 mètres, est le deuxième sommet du Rif occidental après Lakraa, mais il n'apparaît pas dans ce tableau, qui ne retient que le plus haut sommet de chaque tribu, et non tous les hauts sommets.
Les sommets intermédiaires : entre 1400 et 1800 mètres
Au nord-est, le Jbel Ketam s'élève vers 1781 mètres chez les Bni Rzine, un territoire ghomari élevé aux villages dispersés et aux pistes difficiles. Suivent deux sommets presque jumeaux : le Jbel Taqlabt, vers 1726 mètres, chez les Beni Mansour, et le Jbel Bab el Qarn, vers 1722 mètres, chez les Ghzaoua, tous deux des sommets partagés.
Viennent ensuite le Jbel Chouamat, vers 1585 mètres, chez les Mtioua, là où la montagne s'approche de la côte, et le Jbel Tassift, vers 1441 mètres, chez les Beni Smih.
Des sommets plus bas, des paysages plus variés
Les altitudes baissent dans les autres tribus sans que leurs sommets perdent leur importance locale : le Jbel Lalla Mekka, vers 1270 mètres, chez les Beni Kerrir, le Jbel Dar Maimoun, vers 1235 mètres, chez les Beni Bouzra, et le Jbel Beni Baroun, vers 1207 mètres, chez les Beni Ziat. En bas du classement, le Jbel Zaouiat Sidi Youssef, vers 913 mètres, plus haut sommet des Beni Ahmed, au sud de la province.
Cet écart de plus de 1200 mètres entre le haut et le bas du classement résume la diversité de la province : des massifs calcaires de Talassemtane aux collines et aux lacs de la commune d'El Mansoura au sud.
Questions fréquentes
Quel est le plus haut sommet de la province de Chefchaouen ?
Le Jbel Lakraa, vers 2159 mètres, qui est aussi le plus haut sommet du Rif occidental.
Pourquoi le Jbel Lakraa apparaît-il pour deux tribus ?
Parce que son sommet est une limite naturelle entre les Beni Zejel et les Akhmas : il est le plus haut sommet des deux tribus.
Quel est le sommet le plus bas de ce classement ?
Le Jbel Zaouiat Sidi Youssef, chez les Beni Ahmed, vers 913 mètres.