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Des sommets entre deux tribus

Dans les montagnes de Chefchaouen, un versant peut appartenir à une tribu et le versant opposé à une autre. Quatre sommets expliquent ce phénomène.

Imad Ben Yahya, guide de montagne2 min de lecture

Illustration, pas une carte

Dire qu'une montagne « appartient » à une tribu simplifie une réalité plus fine. Dans les montagnes de Chefchaouen, c'est souvent le sommet lui-même qui fait limite : la ligne où se rejoignent les versants est aussi celle où se rejoignent les territoires tribaux. La montagne devient alors partagée : rattachée à une tribu, sans perdre son lien avec sa voisine.

Le Jbel Lakraa : le plus haut sommet de deux tribus

L'exemple le plus clair est le Jbel Lakraa, vers 2159 mètres. Un versant est rattaché aux Beni Zejel, l'autre aux Akhmas : il est donc le plus haut sommet des deux tribus. C'est pourquoi le classement du plus haut sommet de chaque tribu compte treize tribus pour seulement douze sommets.

Talousis, le sommet des Beni Selmane

Le Jbel Talousis, vers 2005 mètres, est le plus haut sommet des Beni Selmane et le troisième du classement des tribus de Chefchaouen. Lui aussi est une limite naturelle entre deux territoires : il est rattaché aux Beni Selmane sans que son lien avec la tribu voisine disparaisse.

Taqlabt et Bab el Qarn : deux sommets presque jumeaux

Le Jbel Taqlabt, vers 1726 mètres, est le plus haut sommet des Beni Mansour, et le Jbel Bab el Qarn, vers 1722 mètres, celui des Ghzaoua. Quatre mètres environ les séparent, et tous deux peuvent former une séparation naturelle entre territoires tribaux voisins, selon les versants et les limites locales.

Les sommets partagés en tableau

LieuAltitudeTribu ou communeProvince
Jbel Lakraa2159 mBeni Zejel et AkhmasProvince de Chefchaouen
Jbel Talousis2005 mBeni SelmaneProvince de Chefchaouen
Jbel Taqlabt1726 mBeni MansourProvince de Chefchaouen
Jbel Bab el Qarn1722 mGhzaouaProvince de Chefchaouen

Pourquoi c'est utile au randonneur

Connaître ces limites aide à comprendre ce que disent les habitants. Le village du versant nord peut nommer la montagne et la rattacher à sa tribu, celui de l'autre versant fera de même, et tous deux ont raison. Marcher dans ces montagnes, c'est aussi traverser des territoires humains qui ont leurs noms et leur mémoire. Pour le savoir-vivre dans les villages : l'hospitalité dans les douars du Rif.

Questions fréquentes

Quel sommet est partagé entre les Beni Zejel et les Akhmas ?

Le Jbel Lakraa, plus haut sommet des deux tribus.

Combien de sommets partagés compte le classement des tribus de Chefchaouen ?

Quatre : Lakraa, Talousis, Taqlabt et Bab el Qarn.

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